On savait que la maladie d’Alzheimer pouvait changer les comportements mais on savait moins que certains types de personnalité pouvaient être un facteur de vulnérabilité pour la maladie d’Alzheimer.
Des chercheurs de l’IGF viennent de mettre en évidence que les personnes présentant une personnalité de type hostile, c’est-à-dire une attitude reflétant une grande méfiance ou du cynisme vis-à-vis des motivations d’autrui (appelée ‘Hostilité Cynique’) sont plus à risque de développer la maladie d’Alzheimer.
A partir de la Cohorte Esprit, Sylvaine Artero et son équipe ont suivi à Montpellier pendant 8 ans, 1388 personnes âgées de 65 ans et plus issues de la population générale, dont 84 d’entre elles ont développé une démence. Ils ont pu mettre en évidence que le risque de développer la maladie d’Alzheimer était 2, 5 fois plus élevé chez les personnes présentant un niveau élevé d’hostilité. En utilisant l’imagerie par résonnance magnétique chez 508 participants, les chercheurs ont pu découvrir que ces personnes âgées hostiles présentaient également des altérations cérébrales de la substance blanche (corps calleux, hypersignaux de la substance blanche), lésions qui sont aussi des marqueurs précoces de maladie d’Alzheimer.
Comment expliquer ces données ? Le risque de démence augmenté chez les personnes à plus haut niveau d’hostilité pourrait être induit par certains styles de vie ainsi qu’aux changements biologiques induits.
Ainsi, cette étude soulignant l’impact d’un type personnalité sur une maladie neurologique renforce l’idée de l’existence de mécanismes communs entre pathologies neurologiques et psychiatriques, qui nécessitent maintenant d’être identifiés. La mise en évidence de ces mécanismes pourrait dans le futur servir à élaborer des stratégies de prévention pour la maladie d’Alzheimer.

Association entre les niveaux d’hostilité cynique et l’incidence de la maladie d’Alzheimer