Cette étude a été réalisée dans le cadre du consortium Montpelliérain pluridisciplinaire S.M.A.R.T., développant des outils uniques en France d’étude de la chimie de l’ARN à des fins cliniques (financements Région Occitanie et FEDER).
Ce projet est un triptyque impliquant une équipe de biologie du cancer de l’IGF (Alexandre David), une équipe de bioinfomatique du LIRMM (E. Rivals) et une équipe de spectrométrie de masse clinique de l’IRMB (C. Hirtz).
Les modifications chimiques de l’ARN, désignées par le vocable d’« épitranscriptome », représentent un niveau supplémentaire de contrôle de l’expression génique. A ce jour, plus de 150 marques chimiques ont été découvertes dans divers organismes et espèces d’ARN, un code complexe, dynamique et « invisible » aux techniques de séquençage classiques. Cette étude a permis d’identifier une marque chimique dont la simple présence sur certains ARN messagers est suffisante pour favoriser l’adaptation et la survie des cellules tumorales face traitements conventionnels. Cette marque est enrichie dans les « cellules souches cancéreuses » (CSC), le moteur de la tumeur. L’implication de l’épitranscriptome dans l’évolution du cancer ouvre d’intéressantes perspectives pour le diagnostic de la maladie et le développement de nouvelles stratégies thérapeutiques.

FTO cible des résidus marques « m6A » adjacentes à la « coiffe » des ARN messagers (ARNm), supports intermédiaires de l’information génétique.
Dans des lignées cellulaires dérivées de patients, une expression réduite de FTO accroit le niveau de ces marques et favorise l’acquisition d’un phénotype de « cellules souche cancéreuse »,
sans toutefois modifier le transcriptome cellulaire. L’inhibition du « marqueur » nucléaire PCIF1/CAPAM, restore la sensibilité de ces cellules aux traitements conventionnels.