LES CELLULES TUFT SONT DES CELLULES ÉPITHÉLIALES EFFECTRICES DE LA RÉPONSE IMMUNE DE TYPE 2
Cette étude, menée par l’équipe « Auto-renouvellement et différenciation des epithelia » animée par Philippe Jay, en collaboration avec les groupes de Rick Maizels (UK), Valérie Zimmermann (IGMM) et Andreï Turtoi (plateforme MAMMA), décrit une nouvelle fonction des cellules tuft intestinales dans les défenses immunitaires. Le tube digestif représente la plus grande surface de contact entre un hôte et son environnement extérieur. Face aux agents pathogènes potentiels, la réponse immune innée est la première ligne de défense de notre organisme. Dans le cas d’infections parasitaires helminthiques, l’hôte déclenche une réponse spécifique nommée réponse immune de type 2, mobilisant certaines cellules du système immunitaire et causant un remodelage de la muqueuse intestinale, afin de favoriser l’expulsion de ces derniers. Nous avons, par le passé, démontré la fonction critique des cellules tuft intestinales dans l’initiation de cette réponse immune, leur attribuant un rôle de cellules sentinelles. Dans cette étude, nous démontrons qu’au-delà de ce rôle de surveillance, les cellules tuft sont aussi des cellules effectrices de la réponse immunitaire antiparasitaire.
Alors que la fonction de l’amplification drastique du nombre de cellules tuft pendant la réponse immune de type 2 est longtemps restée mystérieuse, nos données montrent que ces cellules sont capables de synthétiser de l’acétylcholine et la sécréter dans la lumière intestinale. Ceci conduit à une élévation massive de la concentration d’acétylcholine dans le lumen intestinal, contribuant à l’expulsion des parasites. En effet, des souris dont les cellules tuft ne produisent pas d’acétylcholine sont dans l’incapacité d’expulser les parasites de manière efficace. Finalement, nos données démontrent que l’acétylcholine luminale impacte la physiologie des vers, diminuant leur fécondité, en ciblant leurs récepteurs muscariniques.
Ainsi, après avoir découvert pour la première fois le rôle de sentinelles des cellules tuft, notre groupe met en avant, dans cette étude, leur rôle critique de cellules effectrices, porté par leur capacité de production de molécules ciblant directement les parasites telles que l’acétylcholine.
Cette étude vient d’être acceptée pour publication dans le journal Immunity.

Lors d’une infection parasitaire, les cellules tuft intestinales libèrent l’alarmine Il25, entraînant une réponse immunitaire de type 2 et une augmentation du nombre de cellules tuft. Ces cellules tuft nouvellement produites sécrètent de l’acétylcholine dans la lumière intestinale, ciblant les parasites en agissant sur leurs récepteurs muscariniques de l’acétylcholine.