CD138/SYNDECAN-1 COMME NOUVEAU BIOMARQUEUR SPÉCIFIQUE DE SCLÉROSE EN PLAQUES DANS LE LIQUIDE CÉPHALORACHIDIEN
La sclérose en plaques est une maladie auto-immune inflammatoire qui provoque des lésions de la myéline, véritable gaine constituée par les oligodendrocytes autour des axones du système nerveux central et permettant la conduction rapide de l’influx nerveux. Elle se manifeste par des poussées cliniques généralement réversibles, et conduit in fine à un handicap progressif par le biais d’une atteinte neurodégénérative secondaire. Les critères diagnostiques ont récemment évolué afin de mieux prédire l’activité de la maladie chez les patients présentant une première poussée. Cependant, la présence de lésions inflammatoires actives à l’IRM cérébrale et médullaire et de bandes oligoclonales dans le liquide céphalorachidien ne prédisent que partiellement les récurrences et la progression du handicap, soulignant le besoin d’identifier de nouveaux biomarqueurs pronostiques.
L’étude coordonnée par Eric Thouvenot qui implique deux équipes (équipe « Neuroprotéomique et signalisation des pathologies cérébrales » animée par Philippe Marin et équipe « Plasticité cérébrale, cellules souches et tumeurs gliales de bas grade » animée par Hugues Duffau et Jean-Philippe Hugnot) et la Plateforme de Protéomique Fonctionnelle de l’IGF ainsi que les CHU de Nîmes et Montpellier, avait pour objectif d’identifier de nouveaux biomarqueurs diagnostiques et pronostiques de la sclérose en plaques. Elle a combiné des analyses protéomiques du liquide céphalorachidien de patients à différents stades de la maladie et de sujets contrôles, et des protéines sécrétées par les oligodendrocytes (sécrétome) dans des conditions pro-inflammatoires ou pro-apoptotiques, deux processus majeurs contribuant à la démyélinisation. Elle a mis en évidence une signature de biomarqueurs de sclérose en plaques, incluant des biomarqueurs déjà identifiés comme la CHI3L1 et de nouveaux candidats biomarqueurs comme le Syndecan-1, un protéoglycan également connu sous le nom du marqueur de surface des plasmocytes CD138 et agissant comme récepteur de la CHI3L1, impliqué dans l’inflammation et la signalisation du cancer. L’expression de CD138 a également été observée dans le cerveau de patients atteints de sclérose en plaques ainsi que dans des précurseurs d’oligodendrocytes en culture.
L’ensemble de ces résultats identifie le CD138 comme un biomarqueur spécifique de la sclérose en plaques dans le liquide céphalorachidien et suggère une activation sélective de la voie CHI3L1/CD138 dans les oligodendrocytes dans la sclérose en plaques. Elle offre de nouvelles perspectives pour améliorer le diagnostic et le pronostic de la SEP et tout en permettant de mieux comprendre le rôle des biomarqueurs de la pathologie dans sa progression.
Ce travail vient d’être accepté pour publication dans le journal Neurology Neuroimmunology & Neuroinflammation.

Les analyses protéomiques du LCR de patients et de contrôles et celles du sécrétome d’oligodendrocytes ont permis d’identifier 87 biomarqueurs candidats dont 11 ont été validés dans différentes cohortes de patients. Parmi ceux-ci, le Syndecan-1 (CD138) discrimine les patients atteints de sclérose en plaques des autres maladies inflammatoires su SNC et interagit avec CHI3L1, un marqueur d’inflammation diffuse.