LES MICROGLIES DANS LA MALADIE D’ALZHEIMER: CHACUN SON JOB!

Les cellules microgliales sont les cellules immunitaires innées du système nerveux central. Que ce soit en conditions physiologiques ou pathologiques, elles forment une population cellulaire hétérogène, chaque sous-type étant probablement impliqué dans des fonctions spécifiques qui peuvent affecter de manière différentielle les fonctions cérébrales.

Dans la maladie d’Alzheimer, où ces cellules jouent certainement un rôle essentiel dans la pathogenèse de la maladie, on distingue facilement deux types de microglies. Les microglies associées aux plaques amyloïdes (PAM) présentent un phénotype morphologique clairement différent de celui des microglies distantes des plaques (PCM). Ceci suggère que ces deux sous-types de microglie contribuent probablement différemment à la progression de la maladie. Une étude coordonnée par Hélène Hirbec dans l’équipe animée par François Rassendren a utilisé une approche spatio-transcriptomique pour identifier, sans idée préconçue des changements moléculaires et/ou fonctionnels qui affecteraient ces cellules, les gènes et réseaux de gènes dysrégulés dans les PAM ou les PCM et ce à différents stades de la maladie.

En combinant la microdissection laser et l’analyse RNA-seq, les auteurs ont identifié, dans les sous-populations PAM et PCM, des réseaux de gènes co-dérégulés et ont analysé leurs rôles fonctionnels potentiels dans la MA. Ils ont également étudié la dynamique du remodelage transcriptomique de la microglie aux stades précoce, intermédiaire et avancé de la maladie. Cette étude exhaustive fournit des informations transcriptomiques utiles concernant la contribution respective des PAM et des PCM dans la progression de la pathologie amyloïde. En particulier, elle démontre que la proximité des microglies avec les plaques amyloïdes modifie considérablement leur transcriptome et révèle que ces changements peuvent avoir des impacts positifs et négatifs sur les cellules environnantes. Cette étude met aussi en évidence l’existence d’une diversité locale des cellules microgliales dans le contexte de la maladie d’Alzheimer. Enfin, l’étude met également en lumière des dérégulations dans les microglies distantes des plaques (PCM), une sous-population qui comparativement aux PAM a été moins bien étudiées. L’étude révèle que, bien que les changements transcriptomiques soient beaucoup moins importants que ceux observés dans les PAM, les PCM ne sont pas de simples spectateurs de la maladie. En particulier, les données obtenues suggèrent que cette sous-population pourrait être impliquée dans la détection des oligomères Aß et dans l’initiation de la formation des plaques, leur contribution progressant avec la maladie.