IDENTIFICATION DE NOUVEAUX VARIANTS ASSOCIÉS À LA BICUSPIDIE AORTIQUE
La valve aortique cardiaque située au début de l’aorte (l’artère qui conduit le sang du cœur vers le reste du corps) comporte trois feuillets. Il arrive cependant, chez certaines personnes, qu’elle n’en compte que deux : on parle alors de bicuspidie aortique. C’est une des malformations congénitales les plus fréquentes, touchant plus d’1% de la population. Si la majorité des porteurs de bicuspidie vivent normalement, 30% de ces personnes vont développer une dysfonction valvulaire précoce. Néanmoins, les mécanismes embryonnaires en jeu et les déterminants génétiques de cette pathologie restent mal connus.
Un travail collaboratif mené par le Dr Stéphane Zaffran impliquant des équipes de l’Université Aix-Marseille, de l’IGF à Montpellier (équipe animée par Chris Jopling), de Université catholique de Louvain et de l’Institut du Thorax à Nantes, a permis d’identifier des mutations du gène HOXA1 chez des patients atteints de bicuspidie aortique. A l’aide d’une combinaison d’approches incluant le poisson-zèbre, la souris, des tests in vitro et de la génétique humaine, cette étude, publiée dans Nature Communications, a montré que la protéine HOXA1 joue un rôle dans la migration des cellules de la crête neurale, un processus essentiel à la bonne formation des feuillets aortiques. Les mutations identifiées chez les patients conduisent à la production de variants dominants-négatifs, démontrant que la réduction de l’activité de la protéine HOX1A contribue au phénotype de bicuspidie aortique.

Les variants HOXA1 identifiées chez des patients porteurs de bicuspidie aortique ont été testés in vitro et chez des modèles poissons-zèbres et murins permettant d’analyser la forme des valves et la migration des cellules de la crête neurale.